La CNPD au Global Forum on the Ethics of AI à Riyad : renforcer la coopération internationale entre autorités de supervision de l’IA

Le 16 septembre 2026, Alain Herrmann, commissaire à la CNPD, est intervenu à Riyad dans le cadre du 4e Global Forum on the Ethics of Artificial Intelligence de l’UNESCO, lors du panel « The Role of International Collaboration in AI Supervision – with the Global Network of AI Supervisory Authorities (GNAIS) ».

La CNPD est par ailleurs co-chair du Global Network of AI Supervisory Authorities (GNAIS), aux côtés de la Saudi Data & AI Authority (SDAIA), et contribue à ce titre aux travaux visant à renforcer la coopération internationale entre autorités chargées de la supervision de l’intelligence artificielle.

Le Global Forum réunit des représentants de gouvernements, d’autorités publiques, d’organisations internationales, du monde académique, de la société civile et du secteur privé autour des enjeux liés à la gouvernance éthique et responsable de l’intelligence artificielle.

De la coopération institutionnelle à une coopération opérationnelle

Les discussions du panel ont porté sur le rôle que peut jouer la coopération internationale entre autorités de supervision face au développement de systèmes d’IA qui dépassent de plus en plus les frontières nationales et les cadres réglementaires individuels.

Dans son intervention, Alain Herrmann a notamment souligné que la coopération internationale ne peut pas se limiter à des échanges institutionnels ou à la convergence de principes généraux. Elle doit également permettre aux autorités de développer des mécanismes concrets de coopération, d’échanger leurs expériences et leurs approches et, lorsque cela est nécessaire, de mieux coordonner leurs actions dans des situations présentant une dimension transfrontalière.

Cette coopération devient d’autant plus importante que les autorités de supervision sont confrontées à des technologies, des modèles et des acteurs qui peuvent être similaires dans plusieurs juridictions.

Construire la confiance entre autorités

Un des messages centraux portés par la CNPD lors du panel concernait la nécessité de développer la confiance entre autorités de supervision.

Cette confiance va au-delà de la mise en place de forums d’échange ou du partage ponctuel d’informations. Elle suppose que les autorités apprennent progressivement à connaître les méthodologies, les processus de supervision et les standards de travail de leurs homologues.

Cette connaissance mutuelle est essentielle : elle permet de mieux comprendre comment une autre autorité est parvenue à une analyse ou à une conclusion donnée et, progressivement, de développer un niveau de confiance suffisant pour pouvoir s’appuyer sur certains résultats de ses travaux, lorsque les cadres juridiques et les circonstances le permettent.

Une telle approche peut contribuer à éviter la duplication systématique des analyses, à faciliter le traitement de problématiques transfrontalières et à rendre la coopération entre autorités plus efficace. L’enjeu est ainsi de passer d’une logique essentiellement fondée sur l’échange d’informations à une forme de coopération dans laquelle les autorités développent une compréhension suffisante de leurs méthodes respectives pour pouvoir réellement travailler les unes avec les autres.

Les réseaux internationaux tels que le GNAIS peuvent jouer un rôle important dans cette évolution, en créant les conditions permettant aux autorités de mieux connaître leurs pratiques respectives, de confronter leurs méthodes et de construire progressivement cette confiance opérationnelle.

Le GNAIS comme plateforme de coopération entre autorités de supervision

Le Global Network of AI Supervisory Authorities (GNAIS) de l’UNESCO vise à rapprocher les autorités chargées, sous différentes formes, de la supervision de l’intelligence artificielle et à favoriser l’échange d’expériences, de pratiques et d’expertise entre juridictions.

En sa qualité de co-chair du GNAIS, la CNPD contribue activement à l’orientation et au développement des travaux du réseau. Cet engagement s’inscrit dans la volonté de la Commission de favoriser des mécanismes de coopération internationale permettant de rendre la supervision de l’IA plus cohérente et plus efficace, tout en tenant compte des spécificités des différents cadres juridiques.

Pour la CNPD, l’ambition du GNAIS va au-delà de la création d’un espace supplémentaire de dialogue entre régulateurs. Le réseau peut contribuer à une meilleure connaissance mutuelle des méthodologies et pratiques de supervision et, à terme, créer les conditions permettant aux autorités de s’appuyer davantage sur les travaux réalisés par leurs homologues.

Cette approche peut favoriser une coopération plus opérationnelle, réduire les duplications inutiles et faciliter le traitement de problématiques liées à des systèmes d’IA opérant dans plusieurs juridictions.

Une dimension internationale essentielle pour la supervision de l’IA

L’intelligence artificielle pose par nature des défis qui dépassent les frontières nationales. Les mêmes systèmes, modèles ou services peuvent être déployés simultanément dans de nombreuses juridictions.

Dans ce contexte, la capacité des autorités à coopérer, à partager leur expertise et à mieux comprendre leurs approches respectives constitue un élément important pour accompagner le développement d’une supervision de l’IA à la fois effective, cohérente et fondée sur la confiance.

La participation de la CNPD au Global Forum, ainsi que son rôle de co-chair du GNAIS, s’inscrivent dans son engagement plus large en faveur d’une gouvernance responsable de l’intelligence artificielle et d’une coopération renforcée entre autorités au niveau européen et international.

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